KATUTURA


vendredi, février 24, 2006
 
Reconvilier

Dans ma dernière page « katutura » j’écrivais :

Les grévistes perdent beaucoup, eux et leurs familles, leur région, ils perdent
en qualité de vie, en pain tout simplement… ils ne seront jamais plus les mêmes,
et leur dignité d’êtres humains exige que « la lutte continue »
perdante ou pas…

Hier, le 23 février, il y a eu ce vote:

Reprendre le travail. La raison le dicte. Il a fallu voter!

« La proclamation des résultats a eu lieu dans un silence pesant.
De nombreux ouvriers ont manifesté leur abattement a l'issue du vote.
"On se casse, on n'a plus rien à faire ici", a ainsi lancé un gréviste.
Des discussions animées ont aussi eu lieu dans l'usine.
"On nous a mis le couteau sous la gorge", a ajouté une ouvrière. »
Cela se comprend, j'aurais dit pire!



Quelle est éloquente cette photo d'un amateur anonyme que je remercie!

"On va mettre de l'ordre pour reprendre le boulot lundi", a expliqué
le porte-parole des grévistes, Nicolas Wuillemin. Pour lui, il s'agit d'un vote
de la raison sans enthousiasme". Sa voix était triste.

"On va maintenant se battre pendant les négociations", a-t-il ajouté.

Négotier ? Selon Mr Hellweg :

“La définition de la stratégie du groupe est de la responsabilité du conseil
d’administration et ne peut faire l’objet de négociations avec les commissions
du personnel, les syndicats et les politiciens”

"On verra bien" disions-nous en Afrique du Sud.
Après un échec on recommençait.
Ne rien faire était assurer la perrénité de l'apartheid!!! On verra bien!

Je me souviens, enfant d’avoir chanté, en famille, un 1er août :
« Un pour tous, tous pour un…
ta devise est un serment d’amour »
. Si je me souviens bien !

Je sentais une solidarité nationale, universelle germer
dans nos cœurs d’enfants…
Aussi, des années plus tard, lors des grèves à répétition
durant mes années en Afrique du Sud, la devise des grévistes
(ils se comptaient et se compte par milliers) était :

"Quand tu injures une personne, tu nous injures tous!"
Pauvre traduction de notre devise:
"An injury to one is an injury to all"

Et il y avait alors un enchaînement de grèves de solidarité
(solidarity strikes !) qui faisait trembler les "Boss"!

Pourrait-on imaginer des grèves de solidarité
dans la conjoncture actuelle en Suisse ?



On ne saurait l'imaginer? Alors on laisse faire, on dure et on endure.
Les patrons s'en frottent les mains, ils paraissent gagner
alors qu’à long terme ils creusent le trou dans lequel eux-mêmes
et leurs sacs d’or accumulé vont culbuter.

Car le veau d’or est un dieu qui ne sauve
ni ses adorateurs ni ses victimes !

Quoi qu'il arrive quant aux négotiations: la lutte doit continuer
c'est une question de survie pas pour Reconilier seulement!

Et Dieu sait si nous avons tous un besoin urgent de ces signes de survie!