KATUTURA


samedi, février 11, 2006
 
Le 2 février, je partageais, dans Katutura, quelques pensées au sujet des caricatures. Aujourd’hui quelques pensées encore :

« Selon Romandie NEWS, "plusieurs centaines de personnes ont manifesté
sur la Place fédérale à Berne. A l'appel de l'Union et association musulmanes
de Bienne, ils ont protesté contre la publication de caricatures de Mahomet.
Les participants ont exprimé leurs critiques à travers divers caliquots dont
les slogans étaient notamment: "Liberté d'expression oui, insultes non",
"Respectons les prophètes", "Liberté de la presse: deux poids deux mesures"
ou "Respect des sentiments musulmans". »

Je laisse de côté les manipulations, évidentes, qu’il y a eu, qu’il y a encore,
de part et d’autres, motivées par des intentions inavouées mais dont les effets empoisonnent l’atmosphère des hommes de bonne volonté qui ne cherchent qu’a construire des relations inter religieuses, dans la convivialité d’abord,
dans les échanges ensuite.
Je peux bien comprendre que des personnes de religion musulmane soient blessées
de cette caricature répercutée dans d’autres journaux en manque de sensibilité.
Voici un exemple ou deux qui fondent mon propos :

a)Je visitais une maman musulmane qui venait de mettre au monde son bébé. J’ai pu porter ce petit paquet de vie bourgeonnante dans mes bras. Sur la table, il y avait un livre relié, épais, ancien,beau. Curieuse, je dis à la maman : « Vous permettez que je le regarde, le livre ? » En toute sincérité, elle m’a dit dans un français difficile mais clair, et avec autorité : « Non, touchez pas, le livre est SAINT, c'est interdit pour vous ». C’était le Coran, et c’était sa manière, à elle, de respecter, et de faire respecter la sainteté du contenu de sa religion. Je ne lui en ai voulu, mais cela m'a fait réfléchir.

b)Une jeune maman musulmane (sénégalaise), exilée à Lausanne, me racontait
la force de la parole du Coran dans la famille de son père, dans les environs
de Dakar. Celui-ci était très malade : un cancer. Pour se soulager,
pour se guérir, me dit-elle, il a « mangé une page du Coran » . Il fut soulagé.

Je pourrais donner bien d'autres exemples de ces rencontres "entre femmes".

Je crois que ce sont ces personnes-là, d’abord, qui souffrent le plus de la caricature du prophète, porte-parole du message d’Allah,
et y a-t-il une grande différence entre le message et le messager ?