KATUTURA


vendredi, octobre 03, 2003
 
J.M. Coetzee

Les prix, c'est peut-être bien, c'est une récompense, un encouragement. Je m'en méfie quand même,
surtout quand il s'agit d'un Prix Nobel "qui reste une institution humaine aux décisions toujours discutables,
soumises à de multiples paramètres où la "politique" a parfois compté autant que les qualités de l'œuvre couronnée…
et il y a les "oublis", comme Marcel Proust, James Joyce, Vladimir Nabokov… et d'autres bien sûr! …
La consécration de J.M. Coetzee est bienvenue dans la perspective d'un approfondissement lucide
de la complexité nous aidant vaille que vaille à résister à la barbarie". (24 heures, 3 octobre 2003, selon J.L. Kuffer).



J.M. Coetzee: j'aime ce sud africain, son nom afrikaaner. J'ai lu Michael K. sa vie, son temps;
L'âge de fer; Disgrâce et Vers l'âge d'homme.

On sent un peu sa propre âme dans celle de cet homme tourmenté par le pays qu'il aime.

Pour Catherine Langa du Plessis, dans Le Monde fr. "L'élite de la "nouvelle Afrique du Sud"
n'apprécie guère J.M. Coetzee, il n'aurait pas mis son talent au service de la lutte contre l'apartheid,
il ne serait pas un militant et, surtout, il ne se serait pas fait un chantre de la "nation arc-en-ciel".
Coetzee n'est pas un écrivain "arc-en-ciel", …
"sa grande qualité, c'est d'avoir su garder sa liberté de penser, sa liberté d'artiste.
Il ne s'est jamais laissé dicter ses thèmes par l'environnement politique ou idéologique.
" Je questionne: l'honnêteté intellectuelle peut-elle exiger de nous, de moi, une mise hors contexte de la pensée?

Toujours selon Le Monde fr.: "David Attwell, le grand spécialiste de Coetzee en Afrique du Sud,
reconnaît que s'il est respecté dans les cercles académiques, il est peu lu dans son pays.
"Les Sud-Africains préfèrent souvent le rugby à la littérature", regrette Mme du Plessis, tout en reconnaissant que l'écriture de Coetzee, de "plus en plus épurée, précise et concise", devient aussi moins accessible
au plus grand nombre".

Construire cette nation arc-en-ciel, est un enfantement dans la douleur et les nouveaux dirigeants
ont un long chemin à parcourir pour atteindre la cheville d'un Mandela, qui se dit lui-même "novice et apprenti",
et un "Coetzee "défenseur très dur en apparence, très tendre en réalité d'une dignité humaine
qui passe les races, les classes, les nations" (24 heures J.L.K.)

En hommage à ce sud africain, je cite son dernier livre "Vers l'âge d'homme":
"L'Afrique du Sud est comme un albatros accroché à son cou…" (page 140);
"Il porte en lui l'Afrique du Sud comme une blessure" (page 162);
mais il progresse et "dans ses veines même, il lui semble sentir le rythme régulier de la Terre qui tourne.
Les cris lointains des enfants, le chants des oiseaux, le bourdonnement des insectes s'amplifient
et se mêlent en un hymne de joie" (page 163).